mercredi 8 juillet 2015

Extase et Agonie

Et voici qu'a commencé la dernière décade.
Il était arrivé discret, s'installant comme l'aurait fait un voyageur mystérieux tapant à la porte par une nuit de nouvelle lune. Qui l'acceptait sous son toit, devait savoir qui il était, et ce qu'il avait à offrir. Nulle gloire ou richesse. Mais l'extase.
Il fallait pour y parvenir affronter l'agonie, car ce n'est que dans la mort du moi que pouvait naître le nous sublime. Ainsi l'équilibre de toute chose était respecté.
Agonie des sens, c'est en tarissant la source des désirs qu'il faisait jaillir celle du bien infini.
Épreuve à la mesure de l'enjeu ; et à certain juste la faim et la soif pour prix de leur impatience.
Mais à d'autres, le mirage du paraître faisait place à une lumière venue du dedans comme une promesse de vie futur débarrassée du fardeau de l'envie.
Le privé volontaire assistait alors au ballet des suppliants apportant au temple de l’ego  les offrandes apaisants le courroux  du désespoir.
Le temps d'une chiquenaude, il n'était plus être mais esprit, se nourrissant de l'amour de l’invisible, de l'impalpable.
Il arrivait devant la lisière d'une forêt enchanteresse pour contempler le royaume de la grâce qui l'accueillerait au finir de son parcours.
L’inquiétude du manque des premiers jours, passée invariablement à celle d'être à nouveau devant l'abondance.
Nous laisserait il prisonnier des fruits de la terre ?
Il promettait qu'avec la permission du tout vivant il reviendrait à nous l'an prochain au signal de l'astre nocturne pour nous faire don à nouveau du gout de l'extase.