samedi 16 mai 2015

Ou est l'espoir ?

On retient son souffle et on plonge dans la piscine.
On touche le fond et hop on remonte.
Mais comment fait on quand la piscine est sans fond ?

Paradis, réincarnation, récompense étaient jusqu’à il y a peu les attentes de celui qui vit et qui par définition souffre.
L'arrêt de vie marquait non pas la fin, mais le passage à autre chose qui capitalise en son sein les espoirs.
Si l’anticléricalisme de la fin du dix huitième siècle a affronté avec force le pouvoir séculier, il n'a jamais eu vocation à tuer  la spiritualité.
Voltaire ne disait-il pas " je ne conçois pas qu'il y ait d'horloge sans horloger !"
Le bas moyen age lui même a vu des Jacqueries sanglantes cibler les membres du clergé sans jamais renier la foi chrétienne.
Mais Mai soixante huit, semble marquer la fin d'une époque. Pour la première fois, c'est bien l'objet de la croyance et plus son expression qui catalyse contre lui les attaques de manière à faire "peuple".
L'exemple de la jupe longue en est un des symptômes les plus révélateurs.
Cet habit est acheté dans un magasin a confessionnel, il est porté par tout type de personne ; de NKM à ma voisine mais il devient illicite à la minute même où il est porté dans un but autre qu'esthétique.
En lieu et place de la transcendance, il est proposé le triptyque suivant : liberté d'expression (conditionnée), liberté sexuelle, liberté financière.
Mais malheureusement, nous ne pouvons être soixante cinq millions à passer nos vacances sur un yacht de milliardaire au bras d'un mannequin en traitement palliatif à déliquescence spirituelle.
Là où la qualité fait défaut, c'est la quantité qui est requise.
Trop, trop de footballeurs millionnaires, trop de vulgaire, trop de pacotille font place, la sustentation éphémère passée à la crise de "foi".
Il y a comme un arrière goût d'inabouti dans ce festin capitaliste que la construction européenne dressait en absolu, mais qui aujourd'hui en panne avait pour objectif de combler.
Est ce un hasard si comme E.Todd le fait remarquer dans son dernière ouvrage "qui est Charlie" se sont les anciennes régions à forte emprise catholique, qui se sont rendues en masse lors des manifestations du 11 janvier.
Il y a une indubitable recherche d'idéal à laquelle les politiques Maastrichiennes néolibérales sont incapables de répondre.
Poussé à l’extrême, ce vide engendre des désespérés illuminés en quête d'un absolu devenu meurtrier.
N'est il pas temps de redonner au sens du mot religion sa signification première qui est la réunion ?
Une unicité humaine autour de valeurs dépassant de loin les propositions artificielles donnant à l'être l'espoir d'un infini tout en vivant dans un monde de produits finis.