mercredi 15 avril 2015

Les braves gens


"Si on n'a rien à se reprocher on n'a pas à avoir peur."
Cette phrase restera sans aucun doute dans les annales de la pensée.
C'est en filigrane ce qui se déverse actuellement dans l'imaginaire collectif pour justifier le "patriot-act" en préparation dans les cuisines de la place Beauvau.
Qu'y a- t-il de mal à laisser les autorités écouter vos conversations, épier vos correspondances et même analyser le contenu de votre carnet d'adresse ?
Votre vie dans les mains de gens à la morale aussi haute que nos hommes politiques c'est sans risques.
Imaginons donc le monde préparé par nos Big Brothers :
Oyez Oyez brave gens, nous vous avons concocté une vie modèle vous m'en direz des nouvelles.
Alors réveil 7:00 douche et immersion en douceur dans la matrice avec la Cyril Hanouna en maître de cérémonie, 10:00 décharge d'adrénaline populiste sur RMC avec les grandes Gueules.
14:00 boulot, bah oui on vous paye pas à rien foutre.
18:00 piqûre de rappel décérébrante avec le Big Deal, pour finir à 21:00 avec Master Chef.
Alors c'est t'il pas beau la vie.
Ah! mais non, vous les intellos on vous a pas oublié, 17:00 C dans l'air avec nos brillants analystes Bauer, Sfeir et Barbier.
A 21:00 LCP et l'argent du contribuable pour payer le super reportage de Caroline Fourest sur un truc qui sera la vérité vraie.
Avec ça vous pouvez pas vous tromper.
On a même prévu le petit porno mensuel sur canal ou les fesses de danses avec les stars sur TF1 pour ceux qui n'ont pas les moyens de se payer l'abonnement.
Après ça franchement, s'il vous prenait l'envie de lire du E.Todd, de regarder CSOJ de Taddei, ou d'apprendre à décrypter l'info avec Schneidermann c'est à vos risques et périls.
Ne venez pas dire qu'on ne vous avait pas prévenu.
Soit vous êtes de brave gens soit vous êtes coupables de possession illégale de cerveau.


 Vous pensez que j’exagère avec cette triste fiction mais je puis vous jurer que nous en sommes très proche.
Dans une société où les citoyens eux même réclament l'incarcération de leur vie privée cette ténébreuse perspective pourrait devenir une bien cruelle réalité.

Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre, et finit par perdre les deux."


Benjamin Franklin