samedi 11 avril 2015

Le père Goriot au FN



« Goriot mettait ses filles au rang des anges, et nécessairement au-dessus de lui, le pauvre homme ! Il aimait jusqu’au mal qu’elles lui faisaient. » H.de Balzac


Il y a du Balzac dans l'actualité de ces jours.
Un de ces improbables scénarios dont seul le père de la comédie humaine avait le secret et que semble nous jouer la famille Lepen.
Mêlant le tragique au pathétique, Jean-Marie Goriot voit ses ingrates de filles lui jeter au visage son héritage honteux qui a pourtant fait leurs fortunes.
Sa rusticité n'est plus permise dans un monde ou Marine grimée en Delphine mondaine est devenue la coqueluche d'une droite nationaliste décomplexée.
Elle réussit le tour de force d'avoir à ses talons les barons de l'UMP lui disputant à grand renfort de déclarations islamophobe et anti-rom le monopole du nationalisme de salon lisse et policé.
Elle est cependant par son lourd patronyme, obligée de réaliser un numéro d'équilibriste que les déclarations nauséabondes de son père sont venues mettre en porte à faux.
Le vieux grognard aurait du se douter que l'opération de dédiabolisation entreprise par sa fille avait pour finalité la liquidation du diable lui même ; aidé en cela par sa petite fille jouant le rôle d'une Anastasie indécise.
Il est à gager que les liens filiaux, n'auront que peu de force en ces temps troubles que traverse le mouvement.
En effet la mise en examen de Frédéric Châtillon pour blanchiment d'abus de bien sociaux et l'enquête sur les emplois fictifs des attachés parlementaires européens frontistes, risquent pour le moins de pousser Marine à se débarrasser de cet encombrant tribun.
L'heure n'est plus aux joutes verbales dantesques que menait son père sur les plateaux de télé.
Le FN doit aujourd'hui rassurer et ratisser large.
Les élections régionales à venir doivent permettre au front national de s'implanter durablement dans le paysage politique français comme une alternative crédible et non pas comme le jouet de l'artisan du détail.
Le déchirement d'une famille ne laissant aucun de ses membres indemnes, il est à redouter pour les Lepen qu'un certain Florian Philippot tapis dans l'ombre sous les traits d'un Rastignac attendant son heure ne finisse par dire "A nous deux front national".