mardi 20 janvier 2015

Dr Jekyll et mister Hyde


Lahsana & Hamedi, Hamedi& Lahsana

Sont ils les deux faces d'une même médaille ?
L'un est un tueur l'autre un sauveur.
L'un est arrivé en France dans la clandestinité à 16 ans quand l'autre y est né.
L'un est employé dans une supérette quand l'autre voyage d'une maison d’arrêt à l'autre.
L'un est musulman pratiquant depuis sa naissance, l'autre découvre la religion dans le milieu carcéral.
Cette gémellité des opposés nous amène à nous interroger sur le point de fracture.
Qu'est ce qui fait qu'un enfant de France ayant eu accès à la gratuité des soins et de l'éducation, Jouissant des libertés et des droits du citoyen en vienne
à détester sa patrie au point de commettre l'irréparable.
Quand dans le même temps un enfant du tiers monde ayant du lutter pour obtenir le droit de vivre sauve au péril de sa vie plusieurs personnes.
Tout ceci est troublant, au point d'en être dérangeant, gênant même.
Car comment admettre sans une certaine gêne que le tiers monde ait fait mieux en matière d'éducation que la cinquième puissance du monde ; précurseur des droits de l'homme et porte étendard des valeurs de liberté d'égalité et de fraternité.
C'est par l'analyse des parcours certes, mais surtout par celle des modèles de société où ces mêmes individus ont grandi que l'on doit chercher des réponses.
Cette vieille société patriarcale tiers-mondiste, avec son attachement au religieux a permis à Lahsana de devenir ce qui il est aujourd'hui.
Quand dans le même temps  Hamedi accédait  à une sous culture prolétarienne mêlant
RAP de mauvais goût et Loft Story et pour une funeste destinée celle que l'on ne connait que trop bien.
Le verdict de la balance est sans appel.
Quand Lahsana hérite d'une culture ancestrale, il devient le dépositaire d'une manne qu'il ne peut déshonorer ni refuser.
Il s'inscrit dans la continuité d'une tradition qui trouve sa légitimité dans les fondations du monde. Il a trouvé sa lumière.
Il sait qui il est, et où il va.
Hamedi lui s'est perdu. Comme un égaré dans la nuit il a pris pour de la lumière ce qui n'était que l'éclairage blafard des néons de la ville.
Cette cité où ignorant qui il était, il s'est par la force des éléments bâti une identité.
Il s'est revêtu de haillons identitaires.
Il a troqué les rites initiatiques qui font d'un petit garçon un homme, pour l'éducation cathodique.
Il aurait pu lui aussi en tant que musulman remplir le devoir que Dieu impose dans le Coran par le verset suivant : sourate 5, verset 32,


Alors, pour les Fils d’Israël nous avons écrit ceci:


« Voici, qui tue quelqu’un


qui n’a tué personne ni semé de violence sur terre


est comme s’il avait tué tous les hommes.


Et qui en sauve un


est comme s’il avait sauvé tous les hommes. »


Sadak Allah oul Hadim